Saint Jacques et Compostelle - Inventaire du patrimoine

Saint-Jacques

Geoffroy d'Anjou (Plantagenêt)(XIIe)

Localisation : Angers 49007 - Maine-et-Loire - Pays de la Loire - France
Date de naissance : 113
Date de décés : 1151
Sexe : M
Age : inconnu
Situation de famille : marié
statut social qualité : laïc noble
Profession / profil : comte
d'Angers
Eléments biographiques : Geoffroi le Bel d'Anjou, le premier Plantagenêt, comte d'Anjou de 1131 à 1151.
En 1127 il épouse Mathilde, la fille de Henri Beauclerc et veuve de l'empereur d'Allemagne Henri V.
Mathilde devait hériter des domaines anglais de son père mais c'est son cousin Etienne de Blois qui lui est préféré par la noblesse anglo-normande. Pendant vingt ans, elle essaie de retourner la situation.
Geoffroy entreprend la reconquête de la Normandie et y parvient en 1144. Il est couronné duc de Normandie à Rouen le 19 janvier 1144 et prête hommage à Louis VII, roi de France.
En 1150, Geoffroy cède la Normandie à son fils Henri et meurt en 1151.

PELERINAGE

Date :
1123

Siècle :
XIIe

Type :
acquisition d'honneurs, dévotion, diplomatie

Lien avec Compostelle :
oui

Attestation :
jamais effectué

Période historique :
Louis VI (1108-1137)

Date de l'événement :
1123

Evènements liés au pèlerinage :
demande (refusée) de sauf-conduit ou autre autorisation

Pèlerinage :
En 1123, le comte Geoffroy Plantagenêt avertit son entourage qu'il a l'intention de partir à Compostelle. Son oncle Amaury III de Montfort cherche à le dissuader de partir après les démêlés qu’il a eus avec les seigneurs de Thouars et Parthenay. C’est sans doute lui qui demande au grand évêque du Mans, Hildebert de Lavardin, de le dissuader de partir.

Evènement :
Dans une lettre, Hildebert s’attache à montrer au prince que ce vœu de pèlerinage lointain est contraire aux devoirs essentiels attachés à son état et discute de l’importance relative d’un vœu personnel et de la volonté de Dieu.
« Vous voulez, dit-on, très-vaillant et très illustre comte, entreprendre un voyage en l’honneur du bienheureux saint Jacques. Je ne nie pas que ce ne soit un bon dessein, mais quiconque est chargé du gouvernement est astreint à l’obéissance et, s’il n’est appelé à des choses plus importantes, il manque s’il l’abandonne. D’où il résulte, très cher fils, que vous êtes sur le point de commettre une faute inexcusable si vous sacrifiez les choses nécessaires à celles qui ne le sont pas, l’administration au repos, le devoir à ce qui n’est pas dû. Je n’ai vu dans aucun docteur ni nulle part figurer, parmi les talents que le Père distribue à ses serviteurs, la pérégrination à la surface de la terre. Selon le témoignage de saint Jérôme, le bienheureux Hilarius, étant près de Jérusalem, n’y alla qu’une fois, pour ne pas paraître mépriser les Lieux Saints. Vous êtes aveugle si vous ne voyez pas les dangers du voyage »
Hildebert remontre au comte qu’il se met en péril en passant par les places du duc d’Aquitaine son ennemi et que le roi d’Angleterre et son oncle désapprouvent ce voyage. Il ajoute :
« Vous me direz peut-être, “ j’ai fait un vœu, et je me sens coupable si j’y manque”. Mais considérez que c’est vous qui vous êtes engagé à ce vœu, et que c’est Dieu qui vous a imposé une charge. Si vous vous êtes engagé au voyage, Dieu vous a astreint à l’obéissance. Le pèlerinage vous rappellera la mémoire des saints mais l’obéissance vous fera partager leurs vertus. Voyez si le fruit que vous retirerez de ce voyage récompensera la perte de l’interruption de vos devoirs. Si cela est, quittez l’épée, prenez le bourdon de pèlerin et partez. Mais si le bien que vous ferez en gouvernant vos sujets est beaucoup plus grand, comme personne n’oserait le nier, restez dans votre palais, vivez pour vos sujets, afin qu’ils vivent pour vous. Vivez uniquement pour la chose publique, lui consacrant vos jours et vos nuits. Que l’équité dicte tous vos jugements sans acception de personne. Régnez sur vos sujets par l’amour, sur vous-même par les lois. Ne souffrez pas que les innocents soient impunément persécutés, et vous impunément offensé. Ne répandez le sang ni sans cause ni volontiers. Gémissez chaque fois que la loi vous oblige à le faire couler. Exercez toujours la puissance avec dignité. Attribuez à Dieu la gloire de ce que vous ferez de glorieux.… Par les vexations que [vos ministres] exercent sur le pauvre, la veuve et l’orphelin, vous vous amassez, si vous ne le savez pas, un trésor de colère pour le jour de la Colère et de la manifestation du juste Jugement de Dieu, qui rendra à chacun selon ses œuvres … Profitez du conseil de vos amis. Profitez du mien en restant chez vous, en assistant les pauvres, en ne désirant pas de voir les lieux des saints mais en vous efforçant de les protéger, en n’étant pas préoccupé par le souvenir d’un tombeau, mais occupé de la mémoire des vertus qu’il rappelle »

Nous sommes à l’époque du voyage de Calixte II en France et qu’il a certainement suscité des départs. D’ailleurs l’évêque d’Angers, Ulger, s’apprête à partir.
Les lettres d’Hildebert ont été très lues. Saint Bernard en a fait l’éloge et Pierre de Blois, archidiacre en Angleterre à la fin du XIIe siècle témoigne qu’on les lui a fait apprendre par cœur dans sa jeunesse. Cette lettre a donc pu détourner de leurs projets bon nombre de pèlerins en puissance, en particulier des nobles.

Commutation du voeu :
en une vie édifiante.

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